Clë'r

"Je suis né par curiosité. N'est ce pas une bonne raison de naître Benjamin?"

samedi 28 juin 2008

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L'amertume mutile nos efforts.

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dimanche 22 juin 2008

" Mon chat c'est pas un PD.

C'est un chat du Klub des Loosers. "

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samedi 21 juin 2008

Je n'y réfléchis pas. Pour une fois. C'est tellement évident. C'est tellement con.

Je savoure une attente incertaine. Et tout ce qui va avec.

Ça ne me gène pas.

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mardi 17 juin 2008

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" Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n’ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d’où je puisse attirer l’attention d’un dieu : on ne m’a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l’athée. Je n’ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m’inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n’était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m’atteindrait moi-même car je suis bien certain d’une chose : le besoin de consolation que connaît l’être humain est impossible à rassasier.

(...)

Il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux : Je suis ton plaisir – aime-les tous ! Je suis ton talent – fais-en aussi mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance – seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude – méprise les hommes ! Je suis ton aspiration à la mort – alors tranche !

Le fil du rasoir est bien étroit. Je vois ma vie menacée par deux périls : par les bouches avides de la gourmandise, de l’autre par l’amertume de l’avarice qui se nourrit d’elle-même. Mais je tiens à refuser de choisir entre l’orgie et l’ascèse, même si je dois pour cela subir le supplice du gril de mes désirs. Pour moi, il ne suffit pas de savoir que, puisque nous ne sommes pas libres de nos actes, tout est excusable. Ce que je cherche, ce n’est pas une excuse à ma vie mais exactement le contraire d’une excuse : le pardon. L’idée me vient finalement que toute consolation ne prenant pas en compte ma liberté est trompeuse, qu’elle n’est que l’image réfléchie de mon désespoir. En effet, lorsque mon désespoir me dit : Perds confiance, car chaque jour n’est qu’une trêve entre deux nuits, la fausse consolation me crie : Espère, car chaque nuit n’est qu’une trêve entre deux jours.

(...)

Je ne possède pas de philosophie dans laquelle je puisse me mouvoir comme le poisson dans l’eau ou l’oiseau dans le ciel. Tout ce que je possède est un duel, et ce duel se livre à chaque minute de ma vie entre les fausses consolations, qui ne font qu’accroître mon impuissance et rendre plus profond mon désespoir, et les vraies, qui me mènent vers une libération temporaire. Je devrais peut-être dire : la vraie car, à la vérité, il n’existe pour moi qu’une seule consolation qui soit réelle, celle qui me dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un être souverain à l’intérieur de ses limites.

Mais la liberté commence par l’esclavage et la souveraineté par la dépendance. Le signe le plus certain de ma servitude est ma peur de vivre. Le signe définitif de ma liberté est le fait que ma peur laisse la place à la joie tranquille de l’indépendance. On dirait que j’ai besoin de la dépendance pour pouvoir finalement connaître la consolation d’être un homme libre, et c’est certainement vrai. A la lumière de mes actes, je m’aperçois que toute ma vie semble n’avoir eu pour but que de faire mon propre malheur. Ce qui devrait m’apporter la liberté m’apporte l’esclavage et les pierres en guise de pain. 

(...)

Où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ?

Je suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l’instant que je le fasse à l’intérieur de ces formes. Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n’ai rien à opposer que moi-même – mais, d’un autre côté, c’est considérable. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant.

Telle est ma seule consolation. Je sais que les rechutes dans le désespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu’une consolation et plus grande qu’une philosophie, c’est-à-dire une raison de vivre. "

Stig Dagerman.

1952.

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lundi 16 juin 2008

Je ne rejette rien, moi. Non, Mônsieur, non, Madâme, . J'ingère moi. Avec puissance, écoeurement, égoïsme et candeur. Je jouis. Les cerises amères.

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samedi 14 juin 2008

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Une semaine. Nous sommes parties ensemble une semaine.  C'est toujours différent de ce que l'on imagine.
On s'est beaucoup perdues. En ce qui m'concerne, parfois au propre comme au figuré. On s'est perdues, on a fait demi tour. On a réfléchi, chercher un nouveau chemin pour arriver là où l'on voulait arriver. Un soir on a pris un sens interdit, ça fait plutôt mal. Mais la plupart du temps, on est restées sur ces routes qui ressemblent un peu à celles que l'on a emprunté dimanche soir, lorsque l'on cherchait le soleil dans l'eau du cap Frehel. Parlons en de cette soirée tiens. Nous deux. Eux deux . Deux fois deux. Quatre. A l'arrivée, j'avais la tête pleine de nerfs irrités sans trop savoir pourquoi. J'avais envie d' me calmer, j'ai cherché l'eau. Je me suis approchée de la falaise, il faisait noir, je ne voyais rien, mais j'entendais les vagues sur les rochers. Et là, déjà... Et puis, j'ai entendu aussi deux autres voix. Ne trouvant pas l'eau, j'ai décidé de chercher mes clopes. Pas d'feu. J'en demande aux voix qui ne possédaient pas encore de visage. ( ... ) Toujours est il que ces quelques jours on étaient forts en je-ne-sais-quoi, que des questions se sont posées floues, que ma tête n'a pas pris le temps ni l'envie d'y prêter intérêt et que, pourtant, les réponses sont arrivées. Précises. Je sais. Je sais un peu plus, plutôt.

Bref, au bout de 411 jours, j'comprend enfin qu'cette absence sera toujours présente .                                 

Et au bout de 7, que cette semaine restera dans mes souvenirs bien, bien longtemps.

Posté par disco dealer à 19:27 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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